L’option pour les plus pauvres, au cœur du charisme marianiste
- Ecole MARIANISTE
- 19 févr.
- 2 min de lecture

par
Fr. André-Joseph FÉTIS, Supérieur général des religieux marianistes
L’expression « option pour les plus pauvres » peut évoquer, à première vue, un engagement parmi d’autres, une attention particulière que l’Église serait appelée à porter aux situations de fragilité. Pour la famille marianiste, elle revêt une portée plus profonde encore : elle touche à la manière même de discerner et de vivre la mission.
Le bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade a fondé la Société de Marie (la congrégation des religieux marianistes) dans une époque marquée par de profondes fractures sociales et spirituelles. Son intuition n’était pas seulement de répondre à des besoins immédiats – même s’il a très bien su le faire, avec des œuvres comme celle des petits ramoneurs à Bordeaux –, mais de former des communautés capables de rendre l’Évangile présent au cœur du monde réel, dans toute sa complexité. Cela impliquait naturellement de se tenir au plus près de ceux qui en étaient les plus éloignés, non seulement spirituellement, mais aussi humainement et socialement.
Dans la tradition marianiste, l’attention aux plus pauvres ne relève pas d’une initiative périphérique, mais elle constitue un critère de discernement. Elle nous aide à reconnaître où notre présence est la plus nécessaire, où notre engagement peut contribuer à faire grandir la dignité et l’espérance.
Le père David Fleming, ancien Supérieur général de la Société de Marie, rappelait avec force que cette option ne pouvait être réduite à quelques œuvres spécifiques. Elle appelle une manière d’être, une manière de regarder le monde et d’y prendre part. Elle invite à orienter nos choix, personnels et collectifs, à partir des plus fragiles, non par préférence sentimentale, mais parce que c’est là que l’Évangile nous conduit.
Marie elle-même nous précède sur ce chemin. Dans le Magnificat, elle reconnaît l’action de Dieu qui élève les humbles et prend soin des petits. Sa présence discrète et fidèle auprès des premiers disciples demeure pour nous un modèle : celui d’une attention concrète, patiente, confiante.
Aujourd’hui encore, cet appel demeure. Dans nos établissements éducatifs, nos œuvres, nos communautés, il s’agit de veiller à ce que personne ne soit laissé au bord du chemin. Non seulement en accueillant les plus nécessiteux, mais en contribuant aussi à bâtir des conditions plus justes pour l’avenir. Pour y parvenir, dans de nombreux pays dans le monde, la Société de Marie, avec le concours d'organismes tels que la Fondation Marianiste, a mis en place des projets en vue de faire reculer la pauvreté et l’exclusion.
L’option pour les plus pauvres n’est donc pas seulement une dimension de notre action. Elle en est une source. Elle nous aide à rester fidèles à notre vocation : former des communautés de foi, au service du monde, attentives à ceux qui en ont le plus besoin.




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